Manifestation
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L'UNSA Territoriaux, c'est aussi |
Une participation active au sein du Collectif droits des étrangers 14 (environ 50 organisations composent ce collectif, rejointes par de nombreuses individualités), Une participation active au sein du Collectif logement (1/3 des sans-abris sont des personnes ayant un emploi mais sont insuffisamment rémunérés pour se loger), Une participation active au sein du Collectif droits des femmes 14 |
Travailleurs-euses sans papiers :
La question est posée. Il faut des critères de régularisation.
Les
onze organisations syndicales et associations signataires de la lettre au
Premier Ministre du 1er octobre 2009 considèrent comme un fait extrêmement
positif « l'approche commune » à laquelle ont abouti les contacts
entre les organisations syndicales et leurs interlocuteurs patronaux, concernant
la régularisation des travailleurs-euses sans papiers.
L'existence
même de cette « approche commune » pour des critères objectifs de
régularisation témoigne d’une évolution très significative d’une partie
du patronat. La longue grève des travailleurs-euses sans papiers engagée
depuis le 12 octobre 2009, après les mouvements de 2008, en témoignant de la
forte détermination de ces salariés, décidés à ne plus rester dans l'ombre,
et en mettant en lumière des situations sociales inacceptables, a entraîné
cette prise de conscience.
Devant
la réalité économique et sociale que constitue l’emploi de
travailleurs-euses sans papiers, souvent via la sous traitance ou l’intérim,
quels intérêts défendent ceux qui restent figés dans des postures idéologiques,
ne voulant parler que de "flux migratoires" alors qu'il s'agit de créer
les conditions pour que le droit du travail soit appliqué à tous et par tous,
et permettre l'égalité effective de traitement entre salariés?
Licencier,
voire expulser des salariés parce que « sans papiers » ne résout
rien. Cela ne fait que déplacer le problème et dégrader encore un peu plus la
situation de ces salariés et donc la qualité du marché du travail dans notre
pays : Nous ne voulons pas de salariés sans droits effectifs! Nous ne
voulons pas de salariés contraints au travail "au noir" ! Quant à
menacer de fermer une entreprise qui emploie des salariés sans (et aussi avec)
papiers, cela pourrait avoir comme effet pervers de faire dresser les salariés
les uns contre les autres, sans résoudre le moins du monde le problème économique
posé : la présence importante et structurelle de nombreux salariés sans
papiers dans les branches économique non délocalisables.
Force
est de constater que beaucoup d’entreprises sous-traitantes emploient des
travailleurs-euses sans papiers, en fixe ou en intérim, en raison des
conditions de prix et de délais qui leur sont fixées par certains donneurs
d’ordre.
L’« approche
commune » a pour vocation de résoudre la situation des travailleurs-euses
sans papiers déclarés, en opposant à l’arbitraire des préfets, contraire
aux valeurs de la République, des critères objectifs, clairs, garantissant
l’égalité de traitement entre les salariés concernés quel que soit leur
lieu de travail.
Il
est vrai qu’elle ne règle pas la situation des travailleurs-euses sans
papiers non déclarés. Elle renvoie, sur ce point, à des discussions directes
avec le Ministre du Travail. Mais c’est « dans le souci de mettre fin à
cette situation préjudiciable pour les salariés ». Si des salariés sans
papiers se résolvent à travailler sans être déclarés, c'est parce qu'ils y
sont contraints. Ils ne demandent qu'une chose : cotiser et sortir de leur
situation de surexploitation. Notre pays et ses comptes sociaux ont tout à y
gagner !
Nous
sommes dans un conflit du travail. Il faut que les discussions s'engagent avec
le Ministère du Travail.
Paris, le 16 mars 2010